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Le Stategy Lab de MoneyCentral (http://moneycentral.msn.com )
poursuit un objectif pédagogique. Il met le lecteur en présence
de six professionnels du placement, chacun avec sa stratégie
propre. Cette stratégie est exposée au début
de chaque round du laboratoire, puis illustrée par
des transactions pendant quelques mois. Chaque participant se voit
confier une somme fictive de 100,000 $US.
Le laboratoire a débuté en 1998. Six rounds
ont depuis été complétés. Un 7e round
vient tout juste de commencer. Cest donc un moment propice
pour sy intéresser.
Au début doctobre dernier, peu de temps avant la fin
du 6e round, jai écrit le texte qui suit pour le magazine
Finances et Investissement, un magazine réservé aux
professionnels des services financiers. Jai pensé quil
pourrait être intéressant de reproduire cet article
dans la présente chronique.
Le Stategy Lab en est à sa 6e reprise
(round). Ses actuels participants se présentent sommairement
comme suit :
Le Trend Trader Richard Rhodes
sefforce de découvrir les grandes tendances macro-économiques,
après quoi il trade les titres qui, selon lui, devraient
le plus profiter de ces tendances.
Rhodes utilise 18 règles quun grand trader (great
trader) lui a « révélées »
il y a 15 ans. Des règles fondées sur le gros bon
sens, pas toujours faciles à respecter, mais efficaces. Rhodes
insiste sur la simplicité : le trader doit éviter
de sencombrer de théories et de techniques complexes
dans lesquelles, finalement, il narrive plus à se retrouver.
Micheal Burry, le Value Doc, est un « vrai
docteur ». En 2000, il abandonnait la médecine pour
fonder un value-oriented hedge fund et le site Internet ValueStocks.net.
Parmi les participants au présent round, le Doc
est seul véritable adepte de lapproche valeur. Son
père spirituel : Benjamin Graham. Son arme favorite : la
recherche. Ce quil recherche : des entreprises qui se vendent
à un cours inférieur à leur valeur intrinsèque
et qui, de ce fait, offrent la « marge de sécurité
» si chère à Graham.
Comme Warren Buffet, létat général du
marché lintéresse peu. Il recourre toutefois
à un brin danalyse technique pour déterminer
ses points dentrée et de sortie. Pour le Doc,
investir nest ni une science ni un art ; cest un art
scientifique.
Chrystyna Bedrij (X Factor).
Selon elle, « largent va où il est le mieux traité
». Pour déterminer ces « destinations »,
elle emprunte aux écoles fondamentale et technique. Elle
sinspire notamment de la méthode CANSLIM développée
par William ONeil. (X Factor vient de la X List
que Bedrij adresse à 1600 investisseurs institutionnels et
privés.)
Jim Brown, le Max Delta (delta
= profit), est président de PremierInvestorNetwork.com,
un groupe de 14 sites financiers, dont OptionInvestor.com.
Cest un technicien dune espèce particulière
: un « event trader ». Ses transactions sont en effet
le plus souvent inspirées dévénements
comme des annonces de profits, des splits, des takeovers,
etc.
Brown est de loin le participant le plus actif. Il est souvent
simultanément long sur quelques titres et court sur dautres.
Sa devise : « Enter passively, exit aggressively ».
LOption Tactician Terry
Bedford est le seul participant présent depuis le début
du Strategy Lab. Son approche est nettement top/down : marché,
secteur, titre. Il sintéresse de façon particulière
au money flow des investisseurs institutionnels : «
follow the money », dit-il.
La performance de Bedford aux rounds 3, 4 et 5 a été
époustouflante. Cette fois-ci, il tire de la patte. Mais
il pourrait remonter très rapidement. Au dernier round,
en un tour de main, son portefeuille est passé de 60,000
$ à 190,000 $. Petites natures sabstenir !
Robert Walbert, lAgent MULDer,
est analyste chef à Briefing.com, un site financier fort
bien coté. Rassurez-vous ; ce nest pas un agent secret
; MULDer signifie Massive Upside Limited Downside.
Walberg en est à son 3e round. Il a bien performé
au cours des deux reprises récédentes. Mais cette
fois-ci, il est bon dernier. Ses 100,000 $ ne valent plus que 22,000
$. Dans lespoir dun gain rapide pour se « reprendre
», il sest écarté de sa stratégie.
Il a pris des risques élevés et il sest «
planté ». Une erreur classique.
La débandade des marchés boursiers perdure depuis
plus dun an et demi, entraînant avec elle une perte
de crédibilité énorme pour lindustrie
de la finance et pour ses soi-disant experts. Dans ce contexte,
il mest apparu pertinent dévaluer la performance
des participants au Laboratoire de MoneyCentral.
Les résultats de mon analyse apparaissent dans le tableau
ci-contre. Essentiellement, je pense quil faut retenir les
éléments suivants :
Depuis le début, 20 des 36 participants ont battu
le marché. La moyenne de performance de tous les participants
confondus a été supérieure à celle de
lindice de référence de 7 points de pourcentage
(+6,9 % pour les participants contre 0,3 % pour le S&P
500).
On observe toutefois de nombreux écarts entre les
participants et dun round à lautre. Entre
la meilleure et la pire performance, lécart moyen est
en effet de plus de 70 points de pourcentage (+51 % contre 29
%). Au 3e round, tous les participants ont battu lindice
; au suivant, seulement 2 sur 6.
Les experts peuvent battre le marché par une marge
énorme, mais ils peuvent aussi se « planter royalement
». Ce qui confirme ma conviction quil est très
difficile de battre le marché de façon consistante.
Cela demande un niveau de compétence et de discipline que
bien peu dinvestisseurs peuvent atteindre, sans compter le
temps que cela peut exiger. Doù lintérêt
et la popularité grandissante de la gestion passive et des
fonds cotés en Bourse.
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