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Journal de Monréal| lundi 15
octobre 2001
Sébastien LeBlanc : du tennis à
la finance
Sébastien LeBlanc ne joue plus au tennis et il ne sen
plaint pas. Lex-coéquipier en double de Sébastien
Lareau, maintenant âgé de 27 ans, est depuis peu à
la tête dune firme dinvestissement financier.
Il y a deux semaines, en pleine tourmente financière, il
a lancé Clubfin.com, qui permet aux investisseurs
dacheter des fonds communs de placement par Internet, sans
payer de commission ni à lachat, ni à la vente.
Il veut attirer des investisseurs qui hésitent à
verser des commissions pouvant aller jusquà 5 % de
linvestissement lorsquils achètent des fonds
mutuels auprès de leur courtier ou de leur planificateur
financier.
« Avec le ralentissement de léconomie, bon nombre
dinvestisseurs regardent leurs finances de plus près;
nous avons des choses intéressants à leur proposer
», affirme-t-il.
Celui qui a abandonné le tennis, il y a quatre ans, à
la suite dune grave blessure au coude admet toutefois que
le timing pour lancer son entreprise était un peu risqué.
« Nous avons commencé nos activités deux semaines
après les événements du 11 septembre, dans
un contexte où les places boursières étaient
ébranlées par les attentats au World Trade Center
», concède-t-il.
Raquette
Sébastien LeBlanc admet que sa vie a changé radicalement
depuis quil a raccroché sa raquette.
On se souviendra quil avait causé une certaine surprise,
en octobre 1997, en prenant la mesure de Tim Henman, alors 19e à
léchelle mondiale. Sil avait voulu poursuivre
sa carrière, il lui aurait fallu envisager une intervention
chirurgicale.
« Jaurais été tenu à lécart
du jeu pendant neuf mois », dit-il.
Il considère avoir surutilisé son bras.
« Je prenais des anti-inflammatoires, on ma fait des
injections de cortisone, mais mon état ne saméliorait
pas, soutient-il. À la fin, javais de la difficulté
à tenir ma brosse à dents
»
LeBlanc avoue ne plus pratiquer, même pour son plaisir personnel,
le sport qui lui a permis de voyager aux quatre coins du monde.
« Jai joué une seule fois lété
dernier et jai eu mal au bras, souligne-t-il. Je suis passé
à autre chose. Je viens de réaliser que je peux jouer
au golf! »
Un budget de 70 000 $ US pour jouer au tennis
Quand il jouait au tennis dans le circuit professionnel, au milieu
des années 1990, Sébastien LeBlanc disposait dun
budget annuel de 70 000 $ américains.
« Cétait bien peu dargent pour payer toutes
les dépenses davion, de restaurants et dhôtels
», déclare, sans amertume, lex-athlète
de Boucherville qui vient damorcer une carrière dans
le monde de linvestissement.
« Je ne voyageais pas en première classe, admet-il.
Je navais pas le moyens financiers dun Andre Agassi.
Je navais pas davion privé, pas de masseur ni
de psychologue. »
Pour obtenir des bourses, LeBlanc devait réaliser de belles
performances. Il lui est arrivé, à quelques reprises,
de prolonger des tournées outre-Atlantique parce quil
narrivait pas à remporter des victoires.
« Je me souviens dune tournée en Europe, poursuit-il.
Au cour des deux premières semaines, je ne faisais rien qui
vaille. À la troisième semaine, jai appelé
ma femme et je lui ai dit que je devais rester quatre autres semaines
pour reprendre le dessus. Ce nétait pas toujours facile...
»
Que de voyages
Il concède quau tennis professionnel, les moments
de répit sont peu fréquents.
« On participe à des tournois toutes les semaines,
indique-t-il. Les amateurs qui assistent aux matchs simaginent
parfois que le tennis, cest glamour, que les athlètes
mènent une vie éclatante, mais la réalité
est tout autre. Les voyages sont nombreux, les entraînements
fréquents. En 1996, par exemple, jai été
en voyage pendant 40 semaines.
Gestion
Aujourdhui, Sébastien LeBlanc ne porte plus de chaussures
de tennis, mai se présente, tous les matins, à son
bureau de Saint-Bruno en complet-cravate.
Pour se faire un nom dans le monde de la finance, il a décidé
de jouer offensif et dattaquer au filet pour
rejoindre de nouveaux clients.
« Mon expérience au tennis ma appris à
gérer mes affaires personnelles, souligne-t-il. Cest
moi qui voyais à ce que mon budget soit équilibré.
Je dirigeais mon entreprise, en quelque sorte. »
Il a toutefois une chance que dautres jeunes entrepreneurs
nauront peut-être jamais : il a lappui de son
père, Guy LeBlanc, président de la firme COTE 100,
et a accès à linformation de première
main de son frère, Philippe, devenu analyste financier après
avoir brillé au
tennis.
De plus, comme lamitié na pas de prix, Sébastien
LeBlanc a trouvé en Sébastien Lareau un allié
indéfectible. À la différence que LeBlanc mise
aujourdhui sur ses compétences dans le domaine de la
finance pour senrichir alors que Lareau continue à
servir des aces à ses adversaires sur le circuit professionnel
pour empocher des gains.
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