La Presse | lundi 15 octobre 2001
De champion de tennis à courtier en finance...
Lisa Binsse

La vie est parfois étrange; forcé par une blessure à quitter le sport qu’il adorait, le champion de tennis Sébastien Le Blanc a dû se recycler et il a choisi l’avenue qui lui semblait le plus naturel, le créneau auquel sa famille l’avait habitué, la finance et l’épargne collective.

Sébastien LeBlanc a décidé de se lancer dans une forme d’épargne collective sans frais, et pour ce faire, il a opté pour le véhicule qui lui permettait de réaliser ce but, l’Internet. Depuis peu, ce changement de cap complet a donné lieu à un nouveau site Internet, clubfin.com, où il met à la disposition des particuliers les meilleurs fonds communs de placement canadiens, sans frais de transaction et sans commission.

Et la demande est là: avant même de lancer le site et ce malgré l’absence de publicité, le président de Clubfin a reçu plus d’une centaine de demandes d’informations. Mais, note-t-il en entrevue, les sites de ce genre sans frais «sont assez rares».

Grosso modo, le site lancé fin septembre offre des services de courtage variés (compte REER autogéré, compte comptant, programme d’achat ou de rachat périodique, état de compte consolidé, etc.), le tout moyennant une cotisation annuelle de 50$. L’abonnement leur donne droit à un nombre illimité de transactions de fonds de placement, grâce à une entente avec la Banque Nationale.

Comment fera-t-il ses frais? Simplement en récoltant les commissions de suivi que lui verseront les différentes familles de fonds qu’il achètera et vendra sur son site. Cette commission est versée au courtier à même les frais de gestion du fonds. «Nous, nous ne demanderons rien aux clients, mais nous sommes remerciés par la commission de suivi.»

La rentabilité ne sera pas immédiate et Sébastien LeBlanc en est bien conscient. Peu de sites Web le sont au départ. Il se donne deux ans et demi pour être rentable.

Il y a environ 4000 familles de fonds au Canada. Toutefois, le site a pour objectif d’offrir cinq à sept grandes familles de fonds au Canada, dont AGF, AIM, Fidelity et Templeton. Le catalogue sur le site offre environ 360 fonds. «Nous croyons pouvoir offrir un portefeuille personnel complet avec les fonds canadiens que nous offrons.»

Le site offre un service de gestion et de conseil et fait affaires avec le Courtage à escompte de la Banque Nationale qui a des ententes avec toutes les familles de fonds. Ainsi les particuliers qui demanderont d’autres fonds que ceux sur le site pourront les obtenir. «Nous nous limitons, mais grâce à la BN, mous pouvons offrir tous les fonds.» Clubfin est une division de Cote 100, firme québécoise de fonds communs de placement fondée en 1987 par le père de Sébastien, Guy LeBlanc.

Cette association, dit Sébastien, nous permet un bon démarrage. «Lorsque nous serons rentables, nous volerons de nos propres ailes.»

Le site a pour cible tout investisseur qui veut éviter de payer des frais et, en particulier, les baby-boomers. En fait, les choix sont assez larges pour attirer tout le monde. Il n’y a pas de minimum pour investir autre que celui exigé par certains fonds, soit 500$. Les transactions pourront être faites par Internet, par téléphone ou par télécopie. Aucun argent transitera par le site, uniquement des commandes.

«Le site, dit M. LeBlanc, c’est en quelque sorte notre représentant.» Il y travaille depuis décembre 2000 et visait à offrir à la clientèle de Cote 100 un service additionnel. Il a finalement opté pour un club offrant les meilleurs fonds canadiens disponibles en se servant d’Internet, un excellent véhicule pour rejoindre le plus de monde possible. L’étape la plus difficile, dit-il, a été celle consacrée à trouver le nom du club qu’il voulait accrocheur et facile à se rappeler. «Les noms.com sont tous pris.» D’ailleurs deux compagnies l’ont approché pour acheter son nom...

Sébastien LeBlanc, à tous les mois, écrira une chronique pour les abonnés qui, à l’aide d’un code d’accès et d’un mot de passe, accéderont à une zone sécurisée où ils trouveront toutes les informations offertes sur le site, divisé en quatre onglets: apprendre, planifier, investir et maintenir.

Dans la barre de navigation, un clic sur apprendre dirigera le particulier vers la chronique, les archives, la librairie de fonds communs de placement. L’onglet planifier offre de l’information sur les placements, les objectifs, la tolérance au risque, etc. On y trouve huit profils d’investisseur en exemple. Investir est une section transactionnelle où un particulier peut acheter le portefeuille de son choix, fait sur mesure, qui nécessite un placement minimal de 10 000$, un portefeuille plus petit selon ses moyens, ou choisir quelques fonds dans lequel il investit le minimum requis. Comme son nom l’indique, maintenir permet de visualiser l’état du compte du client et de prendre les décisions qui s’imposent pour le maintien du portefeuille.

Il y a cinq types de portefeuilles: un portefeuille de croissance dynamique, de croissance modérée, équilibré, conservateur modéré et conservateur. Chaque portefeuille comprend une dizaine de fonds et est réévalué à tous les trimestres.

Les commandes de chaque investisseur devront être appuyées par un représentant en épargne collective pour s’assurer qu’elles soient conformes à ses objectifs de placement.