|
QUE RÉSERVE 2003 AUX FONDS D'ACTIONS CANADIENNES?
" Le ménage
a été fait mais on aborde l'année
avec un optimisme prudent "
- Guy Le Blanc, président de COTE 100 Inc.
Article écrit par Jean-Philippe Décarie et paru dans
le Journal de Montréal, 11 janvier 2003
________________________________________________________________________
Théoriquement, l'année 2003 devrait être favorable
au marché des actions canadiennes. " Le ménage
a été fait, mais on aborde l'année avec un
optimisme prudent ", observe cependant Guy Le Blanc, président
de la firme COTE 100 et adepte de l'approche de gestion dite de
valeur.
Ce style de gestion est celui que pratique le milliardaire américain
Warren Buffett. Il consiste à choisir des titres de qualité
et à les conserver longtemps plutôt que d'acheter et
de vendre à tout bout de champ.
Théoriquement donc, le gestionnaire estime que le marché
canadien est mûr pour produire du rendement cette année
et ses fonds le sont encore davantage.
" Nos différents fonds se transigent à des valeurs
qui représentent entre 10 et 12 fois les bénéfices
de leurs entreprises, alors que l'indice de la Bourse de Toronto
s'échange à plus de 18 fois ses profits.
" On vient de traverser trois années difficiles, comparables
aux années qui ont suivi le krach de 1929, à l'époque,
l'indice S&P 500 avait reculé de 64 % en trois ans, alors
qu'il vient de reculer de 50 % au cours des trois dernières
années. Même chose pour le TSX, alors que le Nasdaq
a perdu 78 % de sa valeur ", précise-t-il.
Le nuage irakien
Comme tous les gestionnaires, Guy Le Blanc est préoccupé
par les effets qu'aura sur les marchés le déclenchement
possible d'une guerre avec l'Irak.
" Sur papier, les marchés devraient progresser en 2003.
Grâce aux différentes mesures prises par les organismes
de contrôle des marchés, la crise de confiance des
investisseurs est en voie de se résorber.
" Mais rappelez-vous ce qui s'est produit lors de la guerre
du Golfe en 1991. Les marchés ont perdu plus de 30 % de leur
valeur. Ce qui veut dire qu'on risque d'assister à de nouveaux
reculs.
" Si c'est le cas, ce sera le temps d'acheter. On a ménagé
des réserves pour intervenir mais on ne sait pas combien
de temps l'incertitude entourant un éventuel conflit durera.
Tant que le nuage irakien sera présent, les marchés
vont être incertains ", soupèse-t-il.
Secteurs à favoriser et à éviter
Guy Le Blanc, estime par ailleurs que l'année 2003 s'amorce
avec beaucoup de potentiel d'appréciation pour bien des titres
canadiens.
" Dans le secteur de la santé, un titre comme Axcan
devrait bien faire cette année. Dans le secteur de la consommation,
Dorel Industries et Metro ont aussi beaucoup de potentiel.
" L'action de Metro se transige à 11 ou 12 fois les
profits, alors que l'entreprise progresse chaque trimestre et n'a
plus aucune dette ", souligne Guy Le Blanc.
Le gestionnaire croit que des titres comme ceux de CAE et même
Bombardier vont profiter des augmentations des budgets de la défense
de nombreux pays.
Il y a par contre des secteurs que le gestionnaire estime qu'il
faut encore éviter en 2003, notamment ceux des technologies
et des télécommunications.
" Ces secteurs sont encore trop chers. Même les gestionnaires
qui sont momentum hésitent à en acheter.
" La volatilité qu'on observe sur un tire comme celui
de Nortel donne une bonne indication qu'il y a encore beaucoup de
day traders sur le marché. "
Quoi qu'il advienne de la situation au Moyen-Orient, le gestionnaire
est d'avis que des rendements de 6 ou 7 % seraient tout à
fait corrects en 2003.
" Les excès se compensent, note-t-il. Les marchés
ont produit des rendements de plus de 15 % durant 10 ans par rapport
à des rendements historiques annuels de 10 ou 11 %. À
court terme, il est normal que les marchés compensent pour
les excès des dernières années. "
|